J’aime trop la musique pour aimer Wagner

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Récemment, ces mots me sont venus tout seuls et j’en étais étonnée : c’est à la fois présomptueux et juste. Mais quel sens donner à cette affirmation ?
Tout ce que je vais écrire – cela résonne bien solennel ! – n’engage absolument que moi. Ceci posé, quand j’entends du Wagner, je ne peux m’empêcher de penser à l’homme qu’il fût. Du coup, j’éprouve pour sa musique ce que je ressens pour l’homme : une sorte de méfiance. Je me sens en contradiction puisque je lutte beaucoup contre la tendance – pourtant bien naturelle – à confondre l’homme et l’artiste. Mais ce type-là, vraiment, je ne peux pas le voir ! 
Voilà : je trouve la musique de Wagner VULGAIRE. 
Pas plus tard qu’hier – alors que l’écriture de ce billet est commencée – on nous propose Les murmures de la forêt extrait du Siegfried. En fait de murmures, c’est une espèce de beuglement et je plains les pauvres zoisouilles. Je plains aussi les arbres. Parce que si ça, c’est du murmure, que doit être la tempête ? 
De graves problèmes techniques m’empêchent de vous offrir une vignette musicale. Vous ne m’en voulez pas trop ? Quoique…

Les femmes de Wagner me flanquent la trouille ! Elles sont gigantesques, fortes, peu féminines. Archétype de la mère archaïque, pondeuse et dévorante. Elles incarnent assez bien cette rédemption du peuple allemand dont Wagner – et bien d’autres avec lui – rêvait et ça ne sent pas bon du tout. 
Je sais bien qu’il y a quelques pages sublimes : mes oreilles ne sont pas de mauvaise foi, mais c’est vraiment trop rare ! 
Le pauvre Nietzsche était déjà bien malade lorqu’il se déprit de Wagner et écrivit ces lignes mais quand même… 
S’attacher à Wagner, cela se paie cher. J’observe les jeunes gens qui ont été longtemps soumis à cette contagion. Le premier effet, relativement anodin, est la dépravation du goût. Wagner produit le même effet que l’ingestion réitérée d’alcool. Il engourdit, il alourdit l’estomac. Beaucoup plus grave est la corruption des idées. L’adolescent dégénère en crétin – en « idéaliste ». Il est bien au-dessus de la science : en cela, il est au niveau du Maître. Par contre, il joue les philosophes, il rédige les Bayreuther Blätter : il résout tous les problèmes au nom du Père, du Fils et du Saint « Esprit wagnérien ». 
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