Le bougainvillier récalcitrant

Baobab convalescent
Des plantes capricieuses

Sans me vanter, j’ai hérité de ma mère “la main verte”. Des amies, des voisines me donnent parfois des plantes qui leur résistent, dont elles ne veulent plus voir l’agonie. Et souvent, très souvent, les végétaux trouvent ici une deuxième vie. Je ne fais rien de spécial, la plupart du temps. Ou alors, je les taille “à mort”, à mourir pour mourir autant que ce soit bien rasées ! Un petit baobab (oxymore) a ainsi retrouvé un second souffle dont j’espère qu’il ne sera pas trop exubérant : je n’ai qu’un balcon. Mais je suis contente de voir toutes ses petites feuilles nouvelles !

Et puis, le pommier d’amour d’une amie. Elle ne l’aime plus trop. Il lui fait des misères. Bref, ils ne s’entendent plus. Il n’allait pas trop mal. Puis une grosse claque cet hiver. Taille à mort… et voilà, fleurs et fruits (petite pomme verte sur photo à gauche), feuillage alerte :

Pommier ressuscité 2
Pommier ressuscité

 

 

 

 

 

 

 

 

Et ici la Lotus Blossom de mon très cher Duke :

Mais il y a les récalcitrants : sont jamais vraiment en forme, sont capricieux. Censés faire des fleurs. Mon œil ! Ma plante-chagrin totale, c’est le magnifique bougainvillier offert par mes enfants, il y a très longtemps. Il m‘a tout fait, je crois, comme disent les mères (ou les vieilles épouses) : otites, rhumes, angines, infarctus (si si) et surtout, surtout PLUS JAMAIS UNE FLEUR. Il n’a aucune allure. Il est farfelu, foutraque. Très assorti à mon bureau. Parfois, il veut beaucoup d’eau sinon il est flafla. D’autres fois, il fait la gueule sans raison. Bref, c’est un récalcitrant. Mais je l’aime. Il est vivant, lui.

Bougain farfelu

En prime, un texte :

Le Grand soupir

On l’attend depuis longtemps. On le sait tapi. On le sent latent.

Il habite les épaules, ce soupir, il serre les côtes, il coince la rectitude du dos.

Mais un jour, un souffle part des pieds et des jambes. D’en bas, il draine le tronc : on devient arbre, le temps que passe cette colonne d’air taillant sa route dans le ventre.

Il s’exhale par une bouche devenue immense.

Puis il regagne sa place immatérielle, nous laissant allégés et libres.

L’avez-vous senti, le grand soupir ?

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