Micocoulier

Le Rappel des Oiseaux / Rameau par les Frères Assad (que j’ai eu le grand bonheur de voir grâce à mon cousin Phil que je salue et merci à Yo pour Las Hermanas Caronni dont je parlerai – Fermez la parenthèse)

Je vais vous avouer un petit forfait, une blagounette que j’aime bien faire, qui ne prête pas à conséquences et me fait rigoler.celtisaustralis.jpg

Quand je marche dans la campagne arborée de préférence et en compagnie – c’est indispensable pour que ce soit marrant – arrive toujours le moment où l’une ou l’autre dit :

Tiens, qu’est-ce que c’est que cet arbre ? Je ne le connais pas.

Et moi, qui adore les arbres mais n’arrive à identifier et retenir que le nom des plus connus, je prends à la fois l’air modeste et affairé des spécialistes, je réponds :

– C’est un micocoulier .

Et là, deux cas de figure : soit le compagnon de balade – qui ne connaît pas bien les arbres puisqu’il pose la question – connaît quand même le micocoulier et se moque de moi (Pffff, un micocoulier, ça va pas, non ?) ; soit, il n’y connaît vraiment rien et dit, l’air admiratif :

Ah bon, un micocoulier… Je ne connaissais pas. C’est drôlement joli, comme arbre et comme nom.

Et là, bien sûr, je me marre et dévoile mon petit mensonge : je n’ai aucune idée de ce qu’est un micocoulier et cet arbre non reconnu n’en est sûrement pas un ! Quand je ne sais pas, je dis micocoulier, comme une formule magique, genre Chandernagor !

Maintenant que je vous ai raconté ça, je ne pourrai plus la faire, ma petite farce micocouliesque. Tant pis, je trouverai autre chose, un mot aussi chantant qu’un chant d’oiseau, un mot comptine, un mot-bonbon…

micocoulier.jpg 

À Antibes rue de l’hôpital
Où l’herbe à chat
Surgit
Encore indemne entre les pavés
Il y a un grand micocoulier
Il est dans la cour de l’asile des vieillards
Eh oui c’est un micocoulier
Dit un vieillard de l’asile

Assis sur un banc de pierre
Et sa voix
Est doucement bercée par le soleil

Micocoulier
Et ce nom d’arbre
Roucoule
Dans la voix usée

Et il est millénaire
Ajoute le vieil homme
En toute simplicité
Beaucoup plus vieux que moi
Mais tellement plus jeune encore.

Millénaire et toujours vert
Et dans la voix
De l’apprenti centenaire
Il y a un peu d’envie
Beaucoup d’admiration
Une grande détresse
Et une immense fraîcheur.

Jacques Prévert, Arbres (1976)

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