Un bestiaire

Vinciane DESPRET dit que ce qui l’intéresse, ce n’est pas pourquoi les gens aiment les animaux mais plutôt COMMENT. Pour moi, c’est humblement, avec curiosité et la plupart du temps, émerveillement.

Cette fascination qu’exercent les bêtes sur certaines personnes. La sensation, en les regardant – quand on en a le temps – d’atteindre enfin une autre façon d’habiter la terre, l’air, l’eau. Le sentiment profond d’une immense différence et d’une proximité totale. La conviction d’avoir accès, un court instant, à une autre langue, d’entrer dans un autre monde. Monde où il faut se taire et, selon la forme de la présence – éphémère ou durable – déployer tous les sens. Voir. Regarder. Observer. Se taire.
Vinciane DESPRET, philosophe et psychologue des sciences, l’explique bien : [Les gens qui aiment les bêtes]… Leur point commun, c’est que, pour eux, les animaux permettent de se réinscrire dans l’ordre de la transmission. Tous remontent à l’enfance pour évoquer leur amour des animaux, évoquent un parent qui leur a communiqué cet intérêt. L’animal participe de la transmission, il nous aide à hériter. C’est dans l’enfance que se cristallise cet amour. Sans doute les enfants, ne maîtrisant pas bien le langage, trouvent-ils un intérêt passionné à se créer une langue tierce avec les animaux, plus intuitive, plus immédiate, plus sensorielle. Parler un peu s’il y a un retour. Comme avec eux, là :

Ils sont arrivés en courant lorsqu’ils nous ont vues, un brun et trois provençaux avec leur croix noire sur le dos. Francis Jammes est avec nous. ” J’aime l’âne si doux… “. On ne sait s’ils aiment les caresses mais leur museau est si velouté qu’on ne peut s’empêcher.

Je vous présente maintenant la piéride de la moutarde qui, apparemment, préfère le trèfle. Lequel trèfle et son butineur sont très flous alors que les herbes avoisinantes sont très nettes. Il faut faire doucement mais vite. C’est difficile avec tout ce qui vole !
Je n’ai pu photographier les hirondelles et leur ventre blanc.
De même l’immense héron cendré m’a échappé.
Sans parler de la petite chauve-souris dans la chambre de ma fille.
Là, je crois que nous n’avons pas voulu l’effrayer.

Photo d’un animal très peu sauvage, plutôt proche de l’humain  – enfin surtout une -, très peu aquaphile (je n’ai pu écrire hydrophile) et qui est tombé ou plutôt a plongé depuis une espèce de passerelle dans un cours d’eau où il n’avait pas pattes : sauvetage compliqué mais réussi. Plus de peur que de mal. Là, c’est le bain maximum : le bout des pattes et de museau pour boire. Pas plus.
Enfin la très charmante libellule. Plus exactement Demoiselle puisque les ailes sont pliées au repos. Mais j’aime tant le mot libellule !
Avec leurs couleurs incroyables, leurs activités mystérieuses.
Fils éphémères
de gaze cramoisie :
les libellules !
Gotei

Alors, merci les bêtes. Comment imaginer le monde sans vous ? Je redonne la parole à Vinciane DESPRET : Parce que nous partageons avec eux les mêmes territoires et la même histoire, parce que notre survie en tant qu’espèce dépend de la leur, la question de la cohabitation et du vivre-ensemble devient centrale.

 

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