Pour qui sont ces serpents…

Quand la peur des serpents vous fait parler des caducées et de Cléopâtre…

J’ai peur de ces bêtes, limite herpétophobe. Enfin pas vraiment si l’on considère que l ” herpéton ” en grec est tout ce qui rampe ou qui se traîne (animaux). Je n’ai pas peur de tout ce qui rampe ou se traîne. J’aime les limaces, les escargots mais les serpents… Même les inoffensifs me flanquent la trouille. Je vous fais grâce des interprétations freudienne, jungienne et même chrétienne.
Par exemple, cette petite bête que je connaissais sous le nom de margouillat – nous en avions dans la maison au Maroc – autrement nommée Gecko, ne m’effraie pas du tout. Il est vrai que cet exemplaire était minuscule ! (Photo Feggari Xouw). Et très charmant.
J’allais dire qu’il n’aurait pas fait de mal à une mouche !

Enfant, j’étais terrorisée par les charmeurs (?) de serpents de la place Djemaa el Fna. Je ne savais pas que ces pauvres bêtes étaient amputées de leurs crocs à venin. De toutes façons, j’aurais eu peur. J’ai pourtant été élevée dans le respect de tout ce qui est vivant. Mais la peur, c’est autre chose.
Je ne propose pas de photos, c’est ” cliché ” (en anglais dans le texte).

Pendant une balade de printemps, j’ai croisé une couleuvre, je savais bien que c’en était une ! J’étais très près. Elle s’est dressée et s’est mise à siffler très fort. Eh bien, couleuvre ou pas, j’ai décampé rapidement.

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? dit Oreste dans Andromaque. Que ne ferais-je pas pour citer Racine ! Mais alors, si les serpents sont menaçants pourquoi figurent-ils sur le caducée des professions médicales ?

Mercure sépara un jour de son bâton magique – cadeau d’Apollon – deux serpents qui se battaient : les deux reptiles, subitement calmés, s’entrelacèrent autour de la tige d’olivier et le caducée, ainsi complété, devient le symbole de la paix. Mais Mercure, messager rapide et infatigable, mit pour aller plus vite, des ailes à ses sandales, ces mêmes ailes furent ajoutées à son caducée.

Ainsi la signification symbolique du caducée de Mercure s’établit clairement : la baguette signifie le pouvoir, les serpents la prudence, les ailes l’activité.
Quelques caducées… Il en manque : sur celui des orthophonistes figure un diapason.

Bon, je digresse, je bavarde, je m’égare. Et pour revenir aux serpents, comment ne pas évoquer Cléopâtre (vous savez, celle de Richard Burton !) ? Laquelle n’est certainement pas morte d’une morsure d’aspic mais l’histoire est si belle. Seule celle de Leonardo da Grazia dit da Pistoia a trouvé grâce à mes yeux. Ce qui m’étonne beaucoup, sur toutes ces représentations, c’est la sérénité de la dame. Alors qu’elle doit souffrir le martyre !
En image de Une, celle de Arnold Böcklin que je vous conseille d’aller voir de plus près : le traitement du visage est vraiment intéressant.

Enfin, depuis le début de la rédaction de ce billet, j’ai en tête le concerto L’Egyptien de Saint-Saëns qui n’a vraiment d’égyptien que le nom ! Il y a des couleurs espagnoles, de l’Asie (un petit bout pentatonique, j’y reviendrai) mais d’Egypte… nada, oualou !

Bon, il y a des serpents en Espagne aussi !

 

 

 

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