Dies irae

Moi ce matin
Quand on se réveille de mauvais poil

Heureusement, c’est rare ! Mais cela arrive : on se réveille en colère. On est orageux. A-t-on fait un sale rêve déjà oublié mais persistant ? Ce n’est qu’un rêve… S’est-on endormis chagrin ? Mais ça, c’était hier, la nuit aurait du faire son travail de réparation. Levé du mauvais pied ? A-t-on mal digéré, nourriture ou autres ? C’est cet “autres” qui coince. Bref… Comme on dit en Tunisie “les poules noires sont autour de moi”. On est en rage chafouine.

Moi ce matin

On ne cherche plus – provisoirement – le pourquoi de cet état ; on tente d’appeler “bonne humeur” : on sourit béatement (il paraît que le sourire génère la joie), on respire tranquillement tout relax pour éteindre la braise : on attise. Quoi d’autre ? Un café ?

On bougonne, ça enfle, on ne décolère pas. Même la Dame chat miaule à vous écorcher les oreilles… Est-ce contagieux ?
Sur le balcon, on insulte les corneilles : depuis qu’elles ont pris possession du territoire, plus de pies, de merles, d’étourneaux. Énervantes, les corneilles ! Et leur cri, pire que le miaulement de Madame chat !
Et que j’te ressasse, et que j’te remâche, que j’te ronchonne, maugrée, peste… Je m’énerve moi-même. J’ai l’intérieur de la tête plissé. Je pourrais peut-être siffler (faux, je ne sais plus siffler !) l’Air des Bijoux ou chanter Ris donc Paillasse à faire péter les tympans des voisins… ou faire fuir les corneilles ! Tiens , c’est une idée, ça ! Mais le camarade-mari aurait un réveil très pénible (je chante juste mais très fort !) et la Dame-chat se hérisserait d’horreur (chatte quand je chante) :
Ces idées me dérident, prennent la place du
ronchonnage, le café sent bon, les pensées se détendent. Alors les causes de l’humeur sombre apparaissent. Ça y est ! Tout s’éclaircit : c’était donc ça qui avait mijoté toute la nuit. Un reflux. Mais ça n’a plus aucune importance. Envolé avec les corneilles, nettoyé avec la bruine.

La colère, chez les bons cœurs, n’est qu’un besoin pressant de pardonner dit Beaumarchais. J’espère que je suis un bon cœur.

Pauvre Paillasse, ris donc de tes malheurs ! C’est beau, un homme qui pleure. Fantastique Placido Domingo…

P.S. : ce matin, 14 juillet, j’ai vu deux petits grimpereaux dans le chêne en face et pas une corneille. Ta na ni na nèèèère…

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