En léger différé…

LE Robinson Crosé
Une lecture m’emmène vers mes lectures d’enfance.

Je lis Sable mouvant de Henning Mankell. J’aime beaucoup les romans policiers de cet écrivain (Wallander !) et d’autres écrits aussi, Les Chaussures italiennes par exemple. Ne suis pas emballée par ce livre là : quelque chose d’empesé, un livre pré-texte à un écrit plus profond. Sûrement rédigé dans l’urgence de dire puisque la mort plane, la sienne. Trop personnel et en même temps un peu moralisateur ; tout n’est pas intéressant. Et pourtant, je trouve un passage consacré à Robinson Crusoé qui m’enchante : ce livre symbolise mon entrée dans le monde de la lecture.

LE Robinson Crosé
LE Robinson Crusoé

Ce qu’en dit Mankell m’éclaire sur ma lecture d’alors : […] La vérité cependant, c’est que Robinson n’est jamais seul. Moi, lecteur, je suis sans cesse présent, invisible, à ses côtés. C’est cela qui rend l’histoire magique. Si je devais rester en dehors du récit, simplement autorisé à en prendre connaissance de l’extérieur, il ne se produirait pas ce que vise tout roman, à savoir une communion entre le lecteur et ce qu’il lit. […] Je suis là, sur le sable, naufragé comme Robinson, avec lui.

C’est exactement ainsi que j’ai lu ce livre, lu et relu. La découverte des chèvres,  le perroquet, la rencontre avec Vendredi, et surtout, surtout la découverte du procédé pour fabriquer l’encre qui va lui permettre de consigner sa vie sur l’île. Une naissance à la solitude, à la lecture, à l’écriture.

peter Ilsted intérieur avec jeune fille en train de lire 1908
Peter Ilsted Intérieur avec jeune fille lisant 1908

Juste après L’Allumeur de réverbères et Mon petit Trott,  avant Poil de Carotte et Vipère au poing (ah, Folcoche !), ce roman signe l’entrée dans le monde des livres et annonce un incroyable et incessant voyage !

Petit clin d’œil aux ami(e)s amateurs de peinture, le tableau ci-contre, trouvé dans Les Femmes qui lisent sont dangereuses (Laure Adler / Stefan Bollman – Flammarion, 2006) est signé Peter Ilsted, beau-frère de V. Hammershoi que nous aimons tant !

Pour les musiques, j’ai beaucoup hésité : Le Café littéraire du regretté Allain LEPREST ? Le charmant Lettres à Milena d’Art MENGO ? Finalement, mon choix s’est arrêté sur la grande dame et son À voix Basse :




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