Après, l’Invisible

 

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Si la sublimation est l’art d’accomoder le malheur, alors, lentement, entre ses plumes, j’essuierai le chagrin. Je l’effleurerai comme une tête d’enfant.

Je ferai une place immense pour l’Invisible, celui dont je sens, dont je veux sentir l’infini glissement. Celui dont les visites, les surgissements accaparent le silence, sont le silence. Je serai dans l’écoute totale.

Je laisserai encore l’abondant balancement de la peine saisir chaque recoin du corps. Jusqu’à ce que l’éloignement majeur intègre sa place mouvante.

Tu es l’Invisible. J’ignore si le TU ou le IL est de rigueur. J’ignore tout. Comment énoncer ton existence et ta disparition. Les mots, les phrases se dissolvent, font défaut. Ta mort m’a désappris, m’a déprise.

Tes pas sont recouverts.

Tu es comme ce village si petit que l’entrée est presque à la sortie.

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