Avant l’août…

Demain commence le mois d’août. Variations autour de mots aimés, mots d’ici et d’ailleurs, de science et de philosophie, de hasard et de joie. Dans le désordre.

Foi d’animal !
Tout ce que je voulais faire et n’ai point fait :
– Mes vitres
– Continuer à mettre de l’ordre dans les photos !
– Vous parler d’au moins un des cinq livres que je viens de dévorer ! J’y reviendrai.
– Dire aussi la joie de revoir des nuages ! Le ciel a des passagers.
– Identifier le couple de petits oiseaux, aperçu dans le parc. Sans doute rouge-queue noir ou rossignol des murailles. Point de murailles ici mais ” bruit de verre pilé “, ça colle !

– Dire le plaisir jamais rassasié d’apprendre des mots nouveaux ; déjà ancien mais délicieux, la sérendipité, le kairos et tous ses champs d’application * et, dernièrement le kéfi, grec aussi qui désigne, si j’ai bien compris, un état de liesse éphémère. Un jeune plaisantin – mais après tout pourquoi pas ?  – en attribue l’étymologie à KIF (l’herbe qui rend heureux) comme dans l’expression ” je te kiffe grave “. Musique des mots.

Ce n’est qu’après avoir écrit ces trois mots que je distingue comme un lien entre eux, un fil léger, pas rouge, plutôt genre fil d’araignée, un rapport indirect. Une histoire de hasard et de nécessité, de ténuité heureuse. C’est flou mais c’est là. Pour sérendipité et kairos, je voulais en parler depuis longtemps. Puis Kéfi est arrivé et a fait déborder l’amphore !
Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, j’entends ce matin, ce final de l’acte I du Barbier de Séville : feu d’artifice ! Je n’ai pas trouvé cette version avec Cecilia Bartoli. Alors je vous propose celle-ci : les choses sérieuses commencent vers 3′. Ébouriffant.

* Petite précision : Le dieu grec Kairos est représenté par un jeune homme qui ne porte qu’une touffe de cheveux sur la tête. Quand il passe près de nous, nous avons trois possibilités : soit on ne le voit pas ; soit on le voit et on ne fait rien ; et enfin, au moment précis où il passe, on tend la main, on saisit l’occasion aux cheveux.

Enfin, un très vieux poème d’août, siècle et millénaire derniers. Parce que je pars vers les rivières.

 

Enveloppée par les arbres et la pluie, la bonne chanson du ruisseau zigzague dans mon oreille.

Toujours convaincue que quelqu’un va venir, je débusque au fond de la mémoire, l’espoir et l’appréhension, l’attente enfantine et l’interdiction d’attendre.

Lancer paisiblement vers les absents des messages silencieux où il se dit tout le bonheur qu’on aurait eu à les aimer …

La Calette, 4 août 97

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