Opérage

L’orage : lumières, eau, vent. Tout est en place pour la représentation.

Ça, c’est avant. Le ciel est par dessus le toit, si bleu, si calme !  On trouve ces petits bouts de ouate si doux ! Vers l’océan, l’ouest, grand pourvoyeur de nuées, est caché par la dune. On le devine. C’est insuffisant.

Puis arrivent des trains, à vapeur bien sûr. Le vent se lève tirant, poussant ses convois. On a beau être prévenus, on compte toujours sur le petit miracle local du microclimat !
Mais l’arrivée de la tempête se précise. En quelques minutes, on passe de l’image ci-dessus à cette vision :
simultanément et en vrac, on éprouve un sentiment enfantin d’excitation et d’angoisse, s’affaire, range, photographie, écoute le vent moduler sa voix de basse, siffler ses serpents, hurler ses loups, mugir. On attend. Le spectacle sera à la hauteur.
Toute une énergie accumulée se libère ! Pour les yeux : vent ébouriffant le laurier, éclairs, pluie en rafale folles ; pour les oreilles : tout à l’avenant. Et ça dure.
(Excusez la mauvaise qualité des images, ce sont des captures de films, les fichiers .mov sont trop gros)

 

 

 

 

 

Dans la soirée, après la grosse colère, la plage sera propre, toute neuve à part les petits poinçons que la pluie a laissés.
Il y aura bien quelques tentatives de rejouer la partie… comme un enfant mauvais joueur. Mais le rideau (d’eau) est tombé.
Les jeunes filles pourront aller se promener, croiser le chien indifférent, fouler le sable mouillé et lisse, y laisser leurs traces.

 

 

 

Le calme est intense.
Les couleurs imprécises.
C’est le temps d’après.
Il s’est passé quelque chose, tout a changé. On est dans un autre monde… Celui du silence après la musique ?

Le lendemain, les youyous seront tout étonnés : ils ne sont plus sur l’eau, c’est l’eau qui les emplit.

 

 

 

 

 

 

Et comme je râle de ne pas trouver ce que je veux pour la musique (la version de la n°6 de Beethoven par Currentzis !) et que je n’ose vous proposer Vivaldi ou Berlioz, voilà :

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