Laurent Le Magnifique

Laurent Terzieff, Gérard Caussé, Bach et Rilke… Des seigneurs.

Je n’ai jamais été fan ou groupie, pas mon genre. Pourtant, pourtant… Il y a très longtemps, j’étais persuadée que Laurent Terzieff existait pour moi, qu’il était beau pour moi. On a les naïvetés qu’on peut. Je ne rêvais pas de le rencontrer, non… J’existais très peu dans cette exercice d’admiration. Mais il était le prince de mon royaume.


 Chaque apparition – rare – m’émouvait profondément. Il incarnait l’être humain dans sa beauté et sa brûlure. Je le découvre engagé et généreux, travaillant les textes les plus exigeants, les mettant lui-même en scène.

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C’est Gérard Caussé l’altiste qui en parle, il dit qu’il a enregistré les Suites de Jean-Sébastien Bach sur son alto et qu’il a eu envie de la voix de Laurent Terzieff entre les Suites. Des chemins de solitude, dit Caussé. Terzieff est mort trois mois après ce travail.

Caussé Terzieff

Et je me souviens alors que… oui, je l’ai vu ! Je l’ai vu dans La Voie lactée (Buñuel), dans Médée (Pasolini), dans Vanina, Vanini (Rossellini). Et enfouies dans ma mémoire, toutes ces apparitions surgissent, venues de loin, magiques. Le prince est là, il parle et dit : […]

Les souvenirs ne se souviennent plus de nous…




Écoutez comme il entre dans le poème de Rilke, comme il le porte et l’habite.

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janine lalanne
janine lalanne
il y a 11 années

Je lui dirais simplement “vous êtes enfin revenu, le feu commencait à s’éteindre”.
Mais le feu de la voix de Laurent le magnifique ne s’éteindra jamais.

TempesduTemps
TempesduTemps
il y a 11 années

Merci de ton passage et de tes jolis mots…
Des personnes qui en réunissent d’autres grâce à leur existence d’art

Nana Massart
Nana Massart
il y a 11 années

Sa voix, ce timbre de voix, sa présence m’ont toujours subjuguée…Cette beauté sauvage, cette très haute idée du pouvoir vibrant des mots, sa présence magnétique… “De l”enfance? que vos couleurs vos voix et mon amour que tout cela fut moins que l’éclair de la guêpe. Dans le vent que le son de la larme tombée sur le cercueil, un pur mensonge, un battement de mon coeur entendu en rêve? (Milosz) Cette silhouette à la Giacometti, ses cachiers de vie, tout me fascine chez cet être….

TempesduTemps
TempesduTemps
il y a 11 années

La citation de Milosz est superbe et dit par Terzieff, c’est une douce écharpe.
Voilà comment Laurent T. parle de Milosz : ” Je ne vois pas de poète qui ait porté aussi loin le besoin fou d’amour, la souffrance, la barbarie, l’injustice, mais en même temps l’éblouissement devant la beauté de la vie. En premier lieu, je voudrais parler de la conscience du temps chez Milosz, le temps comme de l’éternité volée ».
Si l’impossible attendu si longtemps
Frappait à la fenêtre, comme le rouge-gorge au cœur gelé,
Qui donc se lèverait ici pour lui ouvrir ?
Merci, ma Nana

Brigitte giraud
Brigitte giraud
il y a 11 années

magnifique vidéo !

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