Le doux pays, avant d’autres départs…

Quand l’humble pays vous donne tout sans bruit. Souriant et presque timide. Accepter tout en confiance et ne pouvoir offrir que son regard.

Soir. Trois fois la chouette, tout près. Pas de grillons, trop frais sans doute. Rien à chanter.
Le silence. Total.
On gardera de ces journées un goût d’automne précoce. Quelques mûres veulent bien se laisser cueillir.
Et toujours, sur les herbes ondoyantes – Ophélie y fait son lit – des nuées de libellules bleu électrique.
Et les belles bergeronnettes des ruisseaux dansent sur ces herbes d’eau. La ballerina gialla, me souffle-t-on.
Elles seules sont rapides. Tout le reste est lent.

Bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea).

Je n’ai pas fait cette photo. Mon limier me signale que la seule référence est ROBKNA. Je vous la livre elle quelle.

Elle a tout, cette campagne. Elle engage à l’oisiveté, le fameux farniente si difficile ailleurs. On se contente d’être posé là. Parfois les jambes dans la rivière, pour regarder les cailloux au fond ou le corps entier flottant, la tête vide, juste pleine de ciel ce qui n’est pas rien. (à gauche, photo Clarisse Méneret-Massart)

On s’émerveille des insectes, ce bombyx du chêne qui sera là durant tout le séjour et disparaîtra le dernier jour. De même que l’immense sauterelle verte qui sera la colocataire de ma fille.
Nous avons chacune notre gardien de sommeil.

Même le ciel est modeste : ni étincelant ni menaçant. Paisible.

 

Il y a aussi ce vénérable noyer. On se souvient avoir lu qu’il était la mémoire du temps, qu’il détient le savoir ancestral. Mais on dit ça de nombreux arbres. On dit aussi que son ombre servait de ” salon des dames aux sorcières “, que son ombre est mauvaise et rend malade. On dit tant de choses…
Celle qui m’intéresse le plus, c’est l’incroyable ressemblance de son fruit avec le cerveau humain. Mais tout est logique : la noix a pour propriété de stimuler la mémoire et d’aider au bon fonctionnement du cerveau.

Il n’a pas plu mais ce n’était pas l’été dans le doux pays. Alors je ne résiste pas !

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