L’aube apparaît : c’est ça le phénomène, c’est ce qui apparaît. Mais l’aube succède à la nuit qui disparaît. Et c’est un passage, par là même un changement, donc vécu dans l’ambivalence. Pour les uns, c’est une victoire, pour les autres, la défaite de la nuit. Pour certains, c’est un immense soulagement tandis que les amoure
ux de la nuit se lamentent ou vont se coucher ou les deux. Insomniaques et noctambules, lève-tôt, couche-tard… Fait tard, fêtards.
Certain(e)s vont à la plage, mais oui, comme chez Boudin.
Elles ont déjà leur ombrelle.
Mais il fait frais.
D’autres vont au turbin, « on recommence à tout voir… », dit-il
Céline Le Voyage au bout de la nuit
Et puis certains contemplent et peignent, la tête pleine de frissons, de couleurs fines et d’effervescence. Et pour eux, tout commence, tout recommence toujours. Et ces moments de changement – aube, crépuscule – sont propices à la création, temps forts du temps.
Angrand Seine à l’aube
On se souvient tous d’une aube, juste avant que le soleil n’apparaisse, la mort de la nuit, la naissance du jour.
P. S. : Le phénomène de l’aube indique, en médecine, le moment où la glycémie s’élève chez un patient, toujours quand le jour se lève.