JUIN
Le soir tombe toujours et l’on ne s’en remet jamais tout à fait, même en juin, temps de l’extrême journée, musique polie mais sauvage au fond.
Rappelle-toi ceci, enfin : c’est le silence qui arrive quand la colère s’est tue. Le silence rageur est une parole avortée.
MEMORY : la qualité du silence, celui des Japonais.
Et cette Asie où je t’ai poussé, comme si à travers toi, je m’envolais vers elle, altérée, alertée. Je La vois… Ses couleurs… Jusqu’à devenir jonque, jaune et rose. Mes images d’Elle sont délirantes : c’est un rêve, violent et musical.
Je l’appelle en ta conscience, écho.
Jardins encore : je t’y envie, ensanglanté d’érables nains, prenant ton vol sur les hérons d’or, aimant les hommes pour leur regard de bronze et les dieux à jamais silencieux : KAMAKURA !