Affaler – Poème à voile

Poème octobre 1999. Quand on affalait sans s’affaler, quand le soir, en arrivant nous faisait toucher la rive. Il y a longtemps…

Sur nos ombres, à gris feutrés, le soir dérive et puis arrive.

L’air est bleu d’eau

Sans plus rien savoir – quelle aubaine ! – ça rayonne debout

Nous laissons nos paupières s’abaisser en nous-mêmes.

_______

Ailleurs, hier

Tout était immense, mobile, changeant.

Intangible et immuable pourtant

Ça rôdait, ça maraudait

J’interprétais – solo – d’aventureuses partitions et des messages risqués

Silo, j’engrangeais du grain à moudre.

Ça raturait, ça fissurait, ça fracturait

Hier, ailleurs.

____

Gratifiée de vertigineux présents, j’affale enfin.

Octobre 1999

Une : Bateaux et baigneuse – Raoul DUFY – 1924/25

0 Shares:
Choisissez de suivre tous les commentaires ou seulement les réponses à vos commentaires
Notification
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
Vous pourriez aussi aimer
Lire la suite

 » Tu es d’air et de larme et je suis sur la terre « 

Sabine Dewulf, une résonance particulière. Je découvre son écriture et ce n'est pas une surprise : bien sûr, elle écrit comme ça ! Mais c'est une émotion, une mélancolie bien douce. Pas de narcissisme, pas de copinage. De l'admiration et une proximité.

Aigrette

Et vient l’heure de l’aigrette, l’indolente et précautionneuse aigrette. Ce temps d’incertitude lorsque la marée tourne. Une indécision…