Jupiter, le rouge-gorge et la Louisiane

Je mélange tout : les planètes, les oiseaux, les livres. C’est le méli-mélo d’automne.

PHOTO DE UNE Feggari Xouw

Aucun rapport, me direz-vous. C’est juste et pourtant…

J’ai l’habitude de voir Vénus, souvent à l’ouest mais depuis quelque temps, je vois une planète – pas une étoile puisqu’elle ne scintille pas – au sud, sud-est. J’interroge ceux-qui-savent-tout-ou-presque et l’on me répond : c’est JUPITER. Par Toutatis, Jupiter, la géante ? Le chef des dieux, dans la mythologie romaine ? Moi qui préfère les grecs pour un nombre incalculable de raisons, je pense à Jeff Goldblum dans la délectable série Kaos (merci Feggari pour ces bons moments. Je voulais vous proposer la bande annonce mais ça gigote vraiment trop ! Allez-y voir si ça vous tente).
Aucune ressemblance avec un chef d’État, non non non… Chez les Romains, Jupiter est le garant de la justice, des lois et des serments. Zeus est plus rock’n roll.
Donc, tôt le matin je salue Jupiter.

Et puis, en cet été de cinq mois, j’entends un oiseau qui chante parfaitement, dans les suraigus avec des trilles. Je ne trouve pas immédiatement le nom du responsable.
Écoutez ça :

Vous l’avez vu : comment un machin aussi petit peut-il émettre des sons pareils ? Ce n’est pas un chant d’amour, ce sont des menaces : « ceci est mon territoire, fiche le camp et plus vite que ça ! » Le rouge-gorge est petit mais tignous comme on dit par ici, c’est-à-dire teigneux. Son chant est une frontière invisible et j’avoue que lorsque je l’ai entendu, j’ai pensé à un fanfaron, un p’tit gars bravache. Je ne les regarde plus de la même façon : respect, miniature !

Enfin dans ce vrac rutilant, je lis un polar magnifique ! Poisseux et glauque à souhait mais enthousiasmant. Le bayou, les alligators (beurk !), la chaleur étouffante, la menace des cyclones, les traditions archaïques et par-dessus tout les hommes, certains hommes, ça vous fait un cocktail qui déchire.
Anna Bailey est anglaise et vit aujourd’hui à Bordeaux. Elle a fait de longs séjours aux États-Unis dans le Colorado notamment.
J’aime les prénoms de ses protagonistes : Loyal qui revient à Jacknife, la défunte Cutter son amie d’adolescence, Beau, un de ses frères. J’ai aimé cette combustion lente du récit, la densité folle de l’air, de l’eau pourrie par l’usine. J’ai aimé la complexité de certains personnages.

Loyal ne sait peut-être pas ce qui est arrivé à Cutter, mais une chose est sûre, cela n’avait rien à voir avec un loup-garou cajun, même si sa défunte amie ne crachait pas forcément sur ce genre de folklore. Les Labasque adoraient les histoires de vicieuses créatures des ténèbres rôdant dans bayou, bien avant de devenir eux-mêmes ces créatures des ténèbres.

 

Cette musique, je ne sais pas pourquoi. Ce billet, c’est vraiment du vrac !

 

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