Don d’ubiquité

Comment voyager très loin en marchant dans une ville

Ah ce fût un drôle de périple ! Naïvement, je croyais être dans le Béarn, chez les amis palois. Ça, c’est ce qu’on croit. On avait passé la torrentueuse Adour, on allait au sud et bientôt les montagnes surgissaient. Comme toujours, une apparition, une image dans un livre, une belle photo.
Avec le copain qui aime marcher, on part en ballade. D’abord, le boulevard des Pyrénées qui prend une allure Promenade des Anglais sauf qu’à la place de la Méditerranée, ce sont les montagnes qui nous la jouent technicolor. C’est beau, Nice… Ah non, même s’il y a beaucoup de palmiers, je suis à Pau !
Soudain une palmeraie ! Et les Pyrénées deviennent l’Atlas ! Je suis à Marrakech… L’illusion est forte. Un peu éberluée, je me pince.

La palmeraie paloise

De Nice à Marrakech, c’est une trotte quand même ! Nous rions de ces déplacements, de ces télétransportations.
Le joli château d’Henri IV me ramène en France, ici en Béarn. Allons, on atterrit !

Et puis soudain, en passant devant un petit jardin, le copain dit en rigolant : ” Attends, je voudrais te montrer quelque chose. ” Et nous entrons dans un parfait petit jardin japonais. Tout me rappelle l’autre ” là-bas ” aimé, les essences d’arbre, la science de la taille, leur emplacement, la pièce d’eau et ses cailloux. Je suis à Tokyo, dans un des ces petits parcs qui parsèment la ville. Au loin, Fuji San.

Le jardin zen

J’avoue avoir un peu tangué : je suis sensée être à Pau, je me retrouve à Nice, puis je suis parachutée à Marrakech et me voici à Tokyo. Côté décalage horaire, je ne calcule pas, je suis à l’ouest… euh non, à l’est… je ne sais plus. Faut que je sorte de ce jardin sinon le lapin blanc d’Alice va arriver. Presque 50 000 kilomètres en une heure, c’est vertigineux.
Un ultime coup d’œil aux montagnes qui se dorent sous les derniers rayons d’un soleil, lequel va se coucher ici, se lever ailleurs : nous voyageons sans bouger.

P.S. : double dédicace pour ma vignette musicale 1- merci, les amis-de-la-ville-où-l’on-voyage ; 2-  merci l’ami à qui je dois la rencontre – il y a un siècle – avec Pat Metheny (tout un voyage sur Phase Dance). Il se reconnaîtra. Il est très présent ici.

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Carte postale d'un lieu simple où l'on respire, où l'on reprend des forces. Où le fait de regarder le ciel nourrit, permet le tutoiement de la solitude.