Troisième carte postale : l’orage

Ciel et prairie. Clarisse Méneret-Massart
L’opéra de l’orage

Un jour, au Moulin, le ciel se présentait comme ça :

Ciel et prairie.

Le ciel était d’une couleur difficile à définir. Allez, les peintres, aidez moi ! Ardoise, anthracite avec de l’améthyste, enfin un truc assez minéral pour un ciel, vous voyez ?
Bien sûr, on avait rentré le linge. Les oiseaux s’étaient tus. Cette couleur de ciel impose le silence et l’attente. Nous mêmes étions coites, comme suspendues dans le temps et l’espace. Intensité de ces temps d’avant. Pas vraiment une peur, plutôt une tension et une sensation de menace, quelque chose d’archaïque. Et puis, c’est beau ! C’est grand, démesuré.
L’orage, son ouverture et son final, ses actes et ses personnages, c’est un opéra. Et quand on est au premier rang, la partition se déroule : elle roule ses vagues, elle convoque les dieux d’en haut et d’en bas, elle fouette le ciel, elle fait tanguer (du mot tango) les arbres et leurs oiseaux, elle houle, hurle et s’essouffle, se calme pour prendre son élan en vue du prochain assaut. Son(s) et lumière(s) à tous les étages. Opérage.
Il faut bien que cela s’arrête. Tout est propre et brillant :

Après l’orage

La terre soupire et son haleine est délicieuse. Demain, il fera beau.
Photos ©Clarisse Méneret-Massart

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