Clan destin

Ouverture de La Force du destin – G. VERDI

Deux mots aussi forts accolés pour en faire un troisième encore plus fort. J’attendais, j’espérais une étymologie merveilleuse, un rêve de linguiste, une révélation ! Eh bien non, c’est une petite racine de rien du tout qui fait penser à un coquillage : clam, en cachette. J’avais imaginé une poésie cachée, dissimulée, occulte, parallèle, secrète, souterraine… Tous les synonymes de clandestin. Non, c’est juste clam.
Et je pense à l’entretien avec Léo Carrax où il dit qu’aller au cinéma c’est être clandestin, on  y pénétre en clandestin, dit-il, après avoir semé les douaniers. On est au cinéma un passager clandestin.
Autrefois, ça vous avait un p’tit air canaille, ce mot. C’était un mot rigolo, à la Caussimon, qui disait les plaisirs en douce, en loucedé. Aujourd’hui, le mot évoque des choses bien plus tristes et pénibles. Des images de souffrance. 

Pourquoi je vous parle de ça ? Ah oui, j’avais l’idée d’un cœur clandestin, un texte sur le passager embarqué en cachette qui nous surprend, un voyageur de l’intérieur, une perle dans le coquillage. Le nierons-nous à l’arrivée ? Quel est son destin ? Quelle est la destination du clandestin ? 
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