Duende

Avant de démarrer ce billet, je dois des excuses aux visiteurs qui ne verront pas leur commentaire publié  ni a fortiori, mes réponses : ma machine, en lien sans doute avec le désordre dont il était question, a fait d’invraisemblables caprices et j’ai perdu beaucoup de choses et de temps… Pardon à Horus, à L. VISPRES et à ceux que j’oublie. 
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Duende, l’intraduisible duende ; le dictionnaire dit :  lutin, et fantôme, il dit aussi : tiene duende = elle a de la classe . Intéressant certes, mais ça n’est pas ça ! C’est bizarre, parfois,les dictionnaires…
C’est extraordinaire : j’écris ce blog et au même moment, j’entends à la radio Jorge Semprun parler du duende et dire que c’est le chant des opprimés. Beaucoup mieux déjà. Et c’est chez Federico Garcia LORCA que je vais trouver les réponses, dans un texte superbe Juego y teoría del duende *, conférence donnée en 1933 (Buenos Aires) et 1934 (Montevideo). Voici ce qu’en dit le critique :
“Au début de sa conférence,  Federico García Lorca exprime le désir de ne pas ennuyer son auditoire, et pour ce faire choisit un sujet chargé en énergie et en mystère, le duende, qu’il évoque d’abord dans une périphrase comme «l’esprit caché » de l’Espagne.
Le mot duende en espagnol, désigne à la fois une sorte de petit lutin, un chardon d’Andalousie, et surtout cet esprit mystérieux, ce charme qui se dégage du flamenco. Il est par exemple fréquent de dire de telle danseuse qu’elle « a du duende ». Le mot est donc quasiment intraduisible, le vocable français le plus proche, mais toutefois extrêmement réducteur, serait sans doute envoûtement. Cet insaisissable duende s’incarne plus volontiers dans les arts liés au mouvement, et donc au temps.
[…] Selon Federico García Lorca, l’Espagne est le pays du duende comme l’Allemagne est celui de la muse ou l’Italie celui de l’ange. Il développe une comparaison entre ces trois vecteurs d’inspiration créatrice : la différence centrale selon lui réside dans le rapport à la mort. La muse et l’ange ont peur de la mort, ou bien la chantent avec des « larmes de glace », alors que le duende la cherche, et ne s’approche que s’il la sent alentours, ce qui tiendrait à une autre particularité ibérique :
España es el único país donde la muerte es el espectáculo nacional…
L’Espagne est le seul pays au monde où la mort soit le spectacle national […. ]
 
Et les coïncidences continuent : j’entends le lendemain toujours à la radio (vive la radio ! ), une femme s’exprimer admirablement sur le flamenco ; en substance, elle dit qu’il est débordement et contention mais pas transe. Et, à propos de Paco de Lucia, ” il est resté fidèle à la tradition en lui désobéissant “. Mais il a, comme Israel Galvan, a une structuration flamenca du corps.
Comblée par toutes ces réponses qui me sont arrivées, je vous les livre, un peu en vrac.

*Federico García Lorca, Jeu et théorie du Duende, Édition bilingue, traduction de Line Amselem, Allia, Paris, 2008

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