Il y a comme un malaise


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Oh moi, vous savez, je ne fais pas de politique !!
Mais quand même… Y a comme un problème. Ce qui me rassure (???), c’est que je ne suis pas la seule à ressentir cette “chose”, à vivre ce que je considère peut-être à tort comme nouveau : il y a comme un malaise dans l’air, un truc qui coince.

Se souvient-on du cri d’un officier franquiste (camp fasciste) de la guerre d’Espagne prononcé le 12 octobre 1936 à l’Université de Salamanque: “Viva la muerte !” ( Vive la mort !) suivi de “Mort à l’intelligence !”   à quoi, le vieux Unamuno répondra avec une dignité exemplaire ? (Voir sur site M. De Unamuno)
“C’est donc à ceux qui possèdent une vie intérieure que la vieille chouette* parle, non à ceux qui croient, mais à ceux qui doutent, à ceux qui soupirent, à ceux que leur incomplétude fait souffrir. Sa parole ne délivre aucune certitude. Elle fonde l’humanité dans l’espérance.”  Michel Del Castillo – billet de septembre 2007 sur son blog.
*surnom donné à M. De Unamuno

J’ai froid dans le dos : 
– quand j’entends parler de l’extinction de l’enseignement des sciences humaines à l’Université, trop molles au goût de certains qui leurs préfèrent sans doute les neurosciences, sciences dites dures
– quand disparaissent de la Loi HSTP (Hôpital, santé Territoire etc.) les mots [… Les établissements de santé publics et privés assurent….] en tenant compte des aspects psychologiques des patients

– quand j’entends parler de dépistage précoce pour repérer les futurs délinquants
– quand j’apprends que les mineurs peuvent être incarcérés dès l’âge de 12 ans
– quand, pour répondre à un meurtre commis par un malade mental,  “on” parle “sécurisation” et que là, les fonds sont débloqués pour des portillons électroniques, des caméras de surveillance et j’en passe
– quand je vois les réponses apportées à la souffrance au travail alors qu’on dénie la “personne pensante”
– quand j’entends l’expression “gérer le stress” et tout le salmigondis de termes managériaux aussi esbrouffants que ronflants
– quand je vois, je vis cette fausse familiarité, creuse, violente qui régit les rapports des gens, depuis quelque temps.
                                 J’ai souvent froid en ce moment.

Mais, n’ayons crainte  : les scientifiques (et par conséquent les politiques, enfin, certains) sont fascinés par le cerveau et, en cherchant les sources de la pensée (rien que ça ! ), lui substituent le psychisme. Et comme dit P. H. Keller * “[…] il faudra leur rappeler que pour penser comme pour aimer, il faut être deux”
*dans un excellent article intitulé “La pensée menacée” que je tiens à la disposition des personnes intéressées, sur simple demande sur mon adresse mail.

Il me semble, pour en avoir côtoyé, qu’être intellectuel, c’est prendre soin de la pensée, des gens, des choses, parce qu’on les met en lien (inter-legere) ; ce n’est pas seulement penser, c’est mettre en actes, c’est un rapport au monde fait de vigilance, d’exigence et de courage. Enfin, il me semble…

Les journaux, c’est comme les pansements
Faut en changer de temps en temps
Sinon ça vous froisse les idées
Et puis d’abord, faut pas d’idées

Car les idées, ça fait penser
Et les pensées, ça fait gueuler

La vie moderne, vie moderne

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