En rêvant de la pluie
Je découvre un mot et cela m’enchante ! PETRICHOR qu’on peut traduire par sang de pierre ou, pour être précis sang des dieux sur la pierre. Oui, cela m’enchante parce le mot est fort, fort comme la sensation qu’il désigne : odeur de la terre après une averse l’été. Nous connaissons tous cet enivrement. Des explications scientifiques (histoire de bactéries et d’huiles essentielles) n’ont pas leur place ici.
Pour moi, même si elle me saisit presque violemment quand elle survient, cette odeur est le souvenir d’une odeur. Marrakech où il pleuvait si rarement et cette joie plein les narines lorsqu’enfin…
De tous les souvenirs olfactifs, c’est sans doute le plus fort.
De tous les souvenirs peut-être, visuels, auditifs, tactiles, gustatifs… Ou bien est-ce le petrichor qui est si puissant ? Qui n’a pas ouvert ses fenêtres ou couru dehors, voire les deux, lorsqu’enfin vient la pluie ?
Et ma chère Colette qui avait, selon ses propres mots « l’olfactif indépendant et capricieux », à propos du Midi qu’elle mit longtemps à aimer : Enfin, Midi menteur, tu fleuris et n’embaumes pas. Vainement, sous le banal parfum de tes fleurs, mon âme forestière quémande ici l’odeur même de la terre, la souveraine odeur du sol vivant, fertile, humide… Le geste amoureux qui me penche, narines ouvertes, vers un pré arrosé de pluie tiède, n’a point ici sa récompense […]
Chouette jusqu’à 1’50, après on aime ou pas…
J’ATTENDS LA PLUIE ET LE PETRICHOR
P.S. : merci au mécano du blog : quelle patience et trésors d’ingéniosité il lui faut pour faire marcher la machine ! Je dis ça en tout petit et en fin de billet pour ménager sa modestie.