Y a des jours où…

Quand les objets vous pourrissent la vie.

Heureusement, ils ne sont pas trop nombreux ! Mais ils existent et sont redoutables. Ces jours où vous égarez, vous perdez, vous luttez, le sort s’acharne, les ennuis s’accumulent, les objets vous détestent et vous leur rendez bien ! Ces jours où, alors que les jonquilles pointent leur joli minois, vous retournez en novembre et êtes pris tout à coup d’une peur panique à l’idée d’avoir tout un hiver à vous re-farcir.

Bon, les clefs de la voiture : pas loin, par là, dans un coin bizarre, à vous narguer silencieusement. Pas de double, évidemment. Rien de plus bête qu’une voiture sans clef. Elle aussi vous nargue sur le parking, bien fermée à clef, celle que vous avez perdue justement. De toutes façons, même si elle était ouverte, vous ne pourriez la démarrer. Ces clefs que vous vous surprenez à chercher dans la poubelle ou au frigo. Et les vieilles phrases des ancêtres reviennent : “Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ?”, “La poisse au nez verdâtre”…

Alors, vous vous faites mal (pour vous punir d’avoir perdu les clefs ?) : oh trois fois rien, un bon coup dans une porte de placard ouverte juste au dessus de votre tête, un petit bout de peau de doigt restée sur un objet contondant, une chaise qui traverse la pièce sans clignotant ! Vous avez envie de pleurer mais quand même, vous êtes grand(e)s ! Vous savez très bien aussi que la colère n’est pas une solution.Malédiction !

Vous vous résignez, tristement, profil bas, mettant en œuvre des solutions : vous cherchez partout, dans des endroits de plus en plus insolites. Presque inquiétante, votre attitude.

Vous avez envie d’un monde sans clef, sans couteau, sans chaise, sans vent du nord. C’est tout.

Je me souviens d’autres billets très scrogneugneu avec des vignettes musicales comme le petit capriccio de Beethoven Colère pour un sous perdu, le si joli Mais cet enfant qu’en as-tu fait ? par Fontaine / Higelin. Cette fois j’ai hésité entre le Terremoto d’Haydn ou L’Orage de Vivaldi. Et puis – merci France-Laure – mon choix s’est porté sur ce génial jeune homme et son Oiseau de feu, comme un exorcisme. Et se dire que tant que la musique existera et qu’elle sera jouée de cette façon, le ciel ne nous tombera pas sur la tête. Ou peut-être que cela arrivera mais ce sera un moment de grâce totale.

P.S. : clef retrouvée

P.P.S. : ciel radieux

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