Fécampois, fécampoises

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Je suis en Normandie, je me gèle mais sais que je ne suis pas la seule.
Un petit vent du nord, hargneux et aiguisé qui vous pique le visages de mille trois cent cinquante quatre épingles. Mais la chaleur de l’amitié compense largement.

Hier, manif à Fécamp : quelque chose !  Plus d’essence… Booooon.

Alors, bien sûr, Maupassant passe par là (clin d’oeil à J. et J.) et me parle de musique :

« Tu ne me comprends pas ? Ecoute. Deux corps se heurtent. L’air vibre. Ces vibrations sont plus ou moins nombreuses, plus ou moins rapides, plus ou moins fortes, selon la nature du choc ? Or, nous avons dans l’oreille une petite peau qui reçoit ces vibrations de l’air et les transmet au cerveau sous forme de son. Imagine qu’un verre d’eau se change en vin dans ta bouche. Le tympan accomplit cette incroyable métamorphose, ce surprenant miracle de changer le mouvement en son. Voilà. »

Et oui, voilà, le mouvement en son, le son en mouvement et tout le bonheur qui s’ensuit.

« La musique, cet art complexe et mystérieux, précis comme l’algèbre et vague comme un rêve, cet art fait de mathématiques et de brise, ne vient donc que de la propriété étrange d’une petite peau. Elle n’existerait point cette peau, que le son non plus n’existerait pas, puisque par lui-même il n’est qu’une vibration. Sans l’oreille, devinerait-on la musique ? Non. Eh bien ! Nous sommes entourés de choses que nous ne soupçonnerons jamais, parce que les organes nous manquent qui nous les révéleraient. »

Voilà qui devrait plaire aux rationnels et aux poètes, c’est-à dire ratisser large puisque l’un n’exclut pas l’autre et inversement. Maupassant aimait Saint-Saëns, nous aussi.

P.S. : Je n’ai trouvé la version que je voulais qu’en enregistrement pirate. Images pas intéressantes et c’est dommage car la virtuosité est époustouflante mais seule la musique compte.

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