Butoh

Il y a bien longtemps, durant une de mes vies antérieures, j’aimais le butoh, beauté née du désastre, sur les cendres de la bombe atomique. J’étais en quête… et si je le suis toujours, mes sentes de recherche sont moins torturées et tortueuses. J’aimais être dérangée : j’ai été servie. Mais j’ai vraiment aimé le butoh, sans chercher à comprendre ce qui, pour un esprit occidental, échappe fatalement. Se défaire totalement des codes esthétiques est bien difficile, j’y suis presque parvenue, je n’avais pas le choix, je crois. Par chance, j’ai vu mon premier spectacle de Butoh au Japon, et j’étais déjà pulvérisée par le changement radical d’univers !

D’abord portée par une esthétique à couper le souffle, absorbée par la violence originaire, cette danse aux sources du geste dit le monde qui existe sous la surface des choses. Charnel et immatériel, ce pliage – si japonais – des corps des danseurs ne doit pas se voir seulement avec les yeux mais avec tout son être, comme le souhaite AMAGATZU, fondateur de la troupe Sankaï Juku.

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Par l’expérience du corps vidé de sa « personne », le corps du danseur Butoh peut vivre le caché, l’enfoui, la mémoire ancestrale.

Si j’y reviens aujourd’hui, c’est emmenée par la chanson qui ouvre le billet – incandescente pour moi – The Spirit was gone de Anthony and The Johnsons Swanlights , composée en l’honneur de Kazuo Ohno, maître du Butoh qui venait de mourir à 103 ans. C’était en 2010.

Mais j’ai trop à dire, j’y reviendrai…

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