Partir encore…

À Martin, in memoriam A. L.

Il était une fois un chaton dans une meurtrière. Les ruines alentours sont des souffrances de pierre. On est saisi par une histoire et par le froid. Pourtant derrière les vestiges, des gens plantent des simples, des plantes aux noms enfouis : pastel, myrte, angélique, origan. Ces mots disent une chanson ancienne, on y croise la médecine et pas loin la sorcière, végétal et minéral sont en épousailles.
Des pierres tombales, ciselées de temps, portent des noms et des dates illisibles sauf à savoir l’occitan et le braille.

Il y a des couleurs de ciels qui vont bien au teint de certains lieux, de certains moments : c’était le cas. Une absence de couleur, une lumière sans luminosité, comme une pâleur, une discrétion, un effleurement de calendrier. Des lieux que l’on quitte parce qu’un instant, on a été fantôme et qu’on craint de le rester…

0 Shares:
Choisissez de suivre tous les commentaires ou seulement les réponses à vos commentaires
Notification
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
Vous pourriez aussi aimer

RIEN

À peine pouvoir allumer l’ordinateur : chauffe et fait du bruit. Seule musique à écouter : de l’eau…

Mise en boîte

Gilles GHEZ, invente, construit, crée, bâtit des boîtes, d’étranges boîtes ni peintures, ni sculptures ou plutôt mi-peintures, mi-sculptures.…
Lire la suite

Sakura

En retard pour Sakura ! Mais mon camarade me dit qu’il a entendu un vieux monsieur japonais parler…
Lire la suite

Les nuisibles

Je me réveille un matin avec un reste de rêve accroché dans l’oreille : à l’école, la maîtresse…